Atelier sur la mise en œuvre du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon par des terroristes et d’élimination des avantages qui en découlent

Starting Date2014-10-14 Ending Date2014-10-16 La Valette, Malte

Du 14 au 16 octobre 2014, l’Institut international pour la Justice et l’État de droit (IIJ) a organisé un atelier sur la mise en œuvre du Mémorandum d’Alger sur les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre rançon par des terroristes et d’élimination des avantages qui en découlent (Mémorandum d’Alger). L’atelier était coparrainé par les gouvernements de l’Algérie, du Canada et des États-Unis et facilité par l’Institut d’études de sécurité (ISS). L’objectif était d’aider les pays participants dans leurs efforts de lutte contre les enlèvements contre rançon en favorisant les bonnes pratiques énoncées dans le Mémorandum d’Alger.

L’atelier a réuni 37 participants et intervenants de l’Algérie, du Burkina Faso, du Cameroun, du Canada, des États-Unis, du Mali, de Malte, du Niger, du Royaume-Uni, de la Russie, du Sénégal, de la Turquie, de l’Union africaine et de l’Union européenne. Le groupe était composé de représentants des forces de l’ordre et du secteur de la sécurité, mais aussi des secteurs de la finance et de la justice. Le GCTF a élaboré les bonnes pratiques pour renforcer la prévention et la dissuasion en matière d’enlèvement contre rançon, améliorer les réponses à ce phénomène et priver les terroristes des avantages financiers et autres de cette tactique. Il s’agissait du premier d’une série de quatre ateliers consacrés à cette question, qui seront organisés au cours des douze prochains mois.

L’atelier a débuté avec les discours de l’Ambassadeur Boukrif d’Algérie, Adrian Norfolk du Canada, Michael Keegan des États-Unis et Robert Strang, Secrétaire exécutif intérimaire de l’IIJ. Tous ont souligné l’importance de l’atelier, ainsi que le besoin urgent de réponses efficaces au problème croissant des enlèvements contre rançon. La session qui a suivi a donné un aperçu de cette pratique et de son rôle central dans le financement des activités terroristes, ainsi que de l’impact dévastateur de ces actes sur les victimes et leurs familles. La discussion a porté sur les implications des enlèvements contre rançon sur la sécurité et la stabilité mondiales et sur les mesures à prendre pour s’attaquer efficacement au problème.

Les bonnes pratiques du Mémorandum d’Alger sur la réponse aux enlèvements contre rançon ont été au centre de la formation, avec des discussions spécifiques sur la prévention et la dissuasion liées à la croissance rapide de cette menace au niveau mondial. Le cours a abordé les perspectives mondiales et régionales sur le phénomène, ainsi que les cadres internationaux et régionaux pour y faire face. Le cours a abordé les méthodes de réponse aux crises liées aux enlèvements, en soulignant le caractère unique de chaque enlèvement et la nécessité d’apporter des réponses adaptées et coordonnées. Les discussions ont porté sur des questions difficiles telles que la gestion des communications avec les familles des victimes et les médias. Les participants se sont accordés sur la nécessité de coordonner efficacement les mesures de réponse aux crises par les organismes compétents, tant au niveau national qu’international, en partageant efficacement les informations et en fournissant une assistance mutuelle, selon les besoins de chaque situation. Il a été reconnu que l’instauration d’un climat de confiance entre les différents acteurs clés était essentielle pour parvenir à une coopération efficace. Refuser aux terroristes les avantages découlant des enlèvements contre rançon a été au centre des discussions, l’accent étant mis sur le non-paiement des rançons en tant que mesure clé à prendre par tous les États. L’atelier a également abordé les bonnes pratiques relatives aux mesures financières, telles que les sanctions et le gel des avoirs, ainsi que les procédures visant à faciliter le suivi des fonds illicites générés par ces enlèvements. Les participants ont discuté des enquêtes et des poursuites dans les affaires d’enlèvement contre rançon comme moyen supplémentaire important pour neutraliser les auteurs et les partisans de cette pratique. À cet égard, les participants ont noté qu’une protection efficace des témoins et une coopération internationale par le biais de l’entraide judiciaire étaient deux des éléments clés pour soutenir les poursuites.

L’atelier de 3 jours comprenait des exercices de groupe relatifs à chaque module, lesquels ont encouragé les participants à débattre activement des défis liés aux scénarios hypothétiques d’enlèvement contre rançon et à développer des réponses individualisées. Les intervenants et les participants ont présenté des études de cas illustratives. Ces exemples réels décrivaient des pratiques réelles et mettaient en évidence la manière dont des conditions difficiles peuvent être surmontées.

L’atelier a mis en lumière certains des défis à relever pour appliquer les bonnes pratiques du Mémorandum d’Alger. Le groupe a élaboré un certain nombre de recommandations sur la manière de renforcer les réponses aux enlèvements contre rançon. Parmi ces idées, l’amélioration de la législation nationale, si nécessaire, pour criminaliser cette pratique, l’amélioration des mécanismes de poursuite des cas d’enlèvement contre rançon et l’adoption d’approches collaboratives pour traiter les situations s’y rapportant. Les participants ont noté la nécessité d’accroître les renseignements disponibles sur les groupes pratiquant les enlèvements contre rançon et leurs tactiques. Les discussions tout au long de l’atelier ont mis l’accent sur l’application d’approches conformes à l’État de droit.

Le prochain atelier devrait avoir lieu en Algérie en janvier 2015. Il se concentrera sur les enlèvements contre rançon en Afrique du Nord et au Sahel, et accueillera des participants de ces régions.